Le Système Canadien d’Aides à la Navigation

Avant-propos

La Garde côtière canadienne est ravie de publier l’édition de 2011 du livret intitulé le Système canadien d’aides à la navigation. Cette édition remplace l’édition de 2001 à titre de nouvelle norme pour les aides à la navigation au Canada.

Comme vous le remarquerez, plusieurs améliorations ont été apportées à la présente édition. Ces modifications incluent des mises à jour aux éléments suivants :

  • la section sur la législation connexe avec des renseignements sur la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada.
  • les technologies de radionavigation à grande distance et de navigation par satellite.
  • les adresses et liens vers les pages de différentes informations sur la navi­gation maritime pour les navigateurs.
  • la section sur les publications connexes avec une brève description de chaque publication, y compris les adresses et liens vers les sites Web.
  • les personnes-ressources provinciales des bureaux de la Garde côtière canadienne, des bureaux de la Sécurité nautique de Transports Canada et de l’information nautique sur les aides à la navigation des États-Unis.

La Garde côtière canadienne est confiante que les modifications apportées à cette version offrent la vue d’ensemble la plus exhaustive du Système canadien d’aides à la navigation.

Avis importants

Cessation du service Loran-C :

En Janvier 2010, la Garde côtière canadienne (CCG) et la Garde côtière américaine (USCG) ont annoncé la mise hors service définitive du signal Loran-C.

Le 8 février 2010, la USCG a cessé d'émettre tous les signaux Loran-C à l'intérieur des États-Unis, y compris ceux couvrant les Grands Lacs.

Le 3 août 2010, La GCC et la USCG ont conjointement cessé d'émettre les signaux Loran-C couvrant les côtes est et ouest du Canada.

Les navigateurs sont priés de noter que le service Loran C n’est plus disponible et qu’ils ne peuvent donc pas s’en servir pour la navigation.

Pour tout commentaire, veuillez communiquer avec John Festarini, gestionnaire, Aides à la navigation, Garde côtière canadienne, 200, rue Kent, 5e étage, Ottawa (Ontario), Canada, K1A 0E6, par courriel à l'adresse suivante : John Festarini ou par téléphone au 613-998-1411.

Le Système Canadien d’Aides à la Navigation

Introduction

Généralités

Définition

Les aides à la navigation sont des systèmes ou dispositifs extérieurs aux navires, installés pour aider les navigateurs à déterminer leur position et leur cap, pour avertir de la présence de dangers ou d’obstacles ou pour indiquer le meilleur trajet ou le trajet préféré.

Responsabilité

La Garde côtière canadienne est mandatée, mais elle n’est pas tenue, de fournir les aides à la navigation en eaux canadiennes à l’exception des voies navigables telles que Trent Severn et Rideau, qui sont desservies par Parcs Canada. La Garde côtière canadienne devrait fournir, comme elle le juge pratique et nécessaire, les aides à la navigation justifiées par les politiques et directives actuelles.

Autres publications

Afin de faciliter une compréhension et une interprétation adéquates de leurs fonctions, il faut utiliser les aides à la navigation de concert avec d’autres publications maritimes, notamment les cartes marines, les Livres des feux, des bouées et des signaux de brume, les Aides radio à la navigation maritime, les Instructions nautiques, le Système canadien d’aides à la navigation, les publications GPS/DGPS et le Guide du propriétaire de bouées privées. Les renseignements concernant les cartes marines et les Instructions nautiques peuvent être obtenus auprès du Service hydrographique du Canada, ministère des Pêches et des Océans, à Ottawa au Service hydrographique canadien.

Le système canadien d’aides à la navigation

Le Système canadien d’aides à la navigation est constitué d’un ensemble d’aides visuelles (latérales et cardinales), sonores et électroniques à la navigation.

Aides visuelles

Les aides visuelles sont des aides à la navigation de courte portée, y compris les bouées, les balises de jour, les marques de jour et les feux. Au Canada, un système combiné d’aides visuelles latérales et cardinales est utilisé. Des connaissances sur chaque caractéristique de chacun de ces types fondamentaux d’aides est un préalable à l’utilisation sécuritaire du système.

Aides latérales

Le système latéral de balisage utilisé en eaux canadiennes est le système B de l’Association Internationale de Signalisation Maritime. (Se reporter au système de balisage maritime de l’Association Internationale de Signalisation Maritime à la page 23 du présent manuel.) Les aides latérales peuvent être des bouées ou des aides fixes. Ces aides balisent l’emplacement des dangers ainsi que celui du chenal le plus sécuritaire et le plus profond en indiquant de quel côté passer.

Pour bien interpréter les aides latérales, il faut connaître la direction du balisage qui correspond à celle de l’amont. C’est la direction dans laquelle se déplace un navire venant de la mer qui fait route vers la source d’un cours d’eau, vers un port ou dans le sens du courant.

Lorsqu’un navire va vers l’amont, il doit laisser sur tribord (à droite) les bouées de tribord et sur bâbord (à gauche) les bouées de bâbord.

Aides cardinales

Les aides cardinales peuvent être des bouées ou des aides fixes. Toutefois, elles sont majoritairement utilisées sous forme de bouées dans le système canadien.

Les aides cardinales balisent l’emplacement des dangers ainsi que celui du chenal le plus sécuritaire ou le plus profond par rapport aux points cardinaux. On compte quatre marques cardinales, soit nord, est, sud et ouest. Ces aides sont placées de telle manière que le chenal le plus sécuritaire ou le plus profond se trouve dans le quadrant indiqué par la marque (par exemple, au nord d’une bouée cardinale nord).

Aides sonores

Les aides sonores sont des dispositifs émettant un son qui avertit le navigateur d’un danger dans des conditions de faible visibilité. De telles aides incluent les bouées à cloche et à sifflet qui sont activées par le mouvement des vagues et les signaux de brume sur la côte. La plupart des aides sonores sont utilisées lorsque la visibilité est réduite à moins de deux milles marins.

Aides électroniques

Les aides électroniques utilisées dans le système canadien incluent des réflecteurs radar, des balises radar, et le Système de positionnement global différentiel. L’apparition de la navigation électronique et de ses nombreuses possibilités est surveillée en ce qui concerne les répercussions et les possibilités éventuelles – par exemple, l’introduction d’aides virtuelles à la navigation, ainsi que le Système d’identification automatique – afin de mieux répondre à l’évolution des besoins de nos clients.

Les réflecteurs radar sont des dispositifs passifs qui sont utilisés pour rehausser l’image radar des aides à la navigation alors que les balises radar sont des dispositifs actifs qui fournissent, au moyen d’une image radar codée, une identification précise de l’emplacement qu’ils marquent.

Le système de positionnement global différentiel est une méthode qui permet d’améliorer l’exactitude de la position déterminée à partir des récepteurs du système de positionnement global en corrigeant les inexactitudes inhérentes aux signaux su système de positionnement global et en les comparant à une position géographique connue.

Remarque :

Une liste détaillée de toutes les aides visuelles lumineuses et de tous les signaux de brume figure dans la publication Livres des feux, des bouées et des signaux de brume.

Une liste détaillée de toutes les aides électroniques figure dans la publication Aides radio à la navigation maritime.

Navigation en hiver

L’état des glaces en hiver peut nécessiter l’enlèvement des bouées et la clôture de la saison de navigation. Le fonctionnement des aides à la navigation sur le littoral peut également être interrompu à ces moments-là. Certains feux peuvent être remplacés par des feux d’intensité plus faible.

Lorsque les conditions imposées par les glaces sont moins rigoureuses, les bouées non lumineuses utilisées en été peuvent être laissées en place ou des bouées lumineuses peuvent être remplacées par des bouées d’hiver non lumineuses. Les navigateurs qui empruntent des chenaux marqués par de telles bouées avant l’ouverture officielle de la saison de navigation sont mis en garde du fait que ces aides n’occupent pas nécessairement la position prévue en raison des tempêtes et du déplacement des glaces.

L’ouverture et la fermeture de la navigation, l’enlèvement saisonnier, le remplacement ou le positionnement des bouées et la suspension temporaire d’autres aides à la navigation sont toujours annoncés. Les navigateurs sont encouragés à consulter les bulletins diffusés par les stations radio maritimes locales, les Avis à la navigation et les Avis aux navigateurs pour obtenir ces renseignements.

Navigation de nuit

La plupart des bouées et de nombreuses aides fixes sont revêtues d’un matériau rétroréfléchissant. Ce matériau est coloré pour indiquer le type de l’aide, et pour les bouées de courte portée, afficher les numéros d’identification, les lettres ou symboles.

La Garde côtière canadienne recommande que les navires qui dépendent d’aides à la navigation soient équipés de projecteurs pour les aider à identifier ce matériau rétroréfléchissant, s’il y a lieu. Il est conseillé que les grands navires soient équipés de projecteurs d’au moins 75 000 candelas fixés au bâtiment et que les petits navires aient à bord un projecteur à main muni d’une ampoule de 3 watts alimentée par une pile de 6 volts et fournissant une intensité lumineuse de 4 000 candelas.

Vitesse et navigation

Il ne faut pas s’attendre à tirer pleinement profit des systèmes canadiens d’aides à la navigation en cas de vitesse excessive. La Garde côtière canadienne conseille aux navigateurs de respecter, le cas échéant, les limites de vitesse locales et de faire preuve de jugement dans les autres situations.

Les navigateurs sont instamment priés de réduire leur vitesse et de faire route prudemment par mauvais temps ou lorsque la visibilité est réduite (notamment de nuit, dans les secteurs à risque ou très fréquentés ou lorsque de la glace s’est formée). Dans ces conditions, il faut tenir compte de la possibilité de panne du matériel, des limites des aides à la navigation et de la réduction du délai de réaction, difficultés qui ne font que s’aggraver à grande vitesse.

La Règle 6 du Règlement sur les abordages établi en vertu de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada donne des lignes directrices relatives à la vitesse sécuritaire.

Avertissements afférents à l’utilisation des aides à la navigation

  1. Les navigateurs sont avertis qu’ils ne doivent pas se fier uniquement aux bouées pour naviguer. La navigation doit également se faire au moyen de relèvements ou de mesures d’angles utilisant des aides fixes sur la côte ou des amers indiqués sur les cartes et au moyen de sondages ou, si possible, d’appareils de radionavigation ou de navigation par satellite.
  2. La plupart des aides à la navigation ne sont pas continuellement surveillées. Les navigateurs doivent savoir que des défaillances ou des déplacements sont inévitables. La Garde côtière canadienne ne garantit pas que toutes les aides à la navigation fonctionnent continuellement de la manière annoncée ou demeurent constamment à la position prévue. Les navigateurs qui découvrent des aides à la navigation défectueuses, déplacées, endommagées ou manquantes doivent immédiatement signaler ces problèmes au centre le plus proche des Services de communication et de trafic maritimes de la Garde côtière canadienne par VHF sur la bande 16, ou au bureau le plus proche de la Garde côtière canadienne.
  3. Les aides à la navigation sont exposées à des dommages, des défaillances ou des déplacements qui peuvent être causés par les glaces ou les tempêtes, par des collisions avec des navires et des pannes de courant. Les dommages causés par les glaces ou les tempêtes peuvent être très étendus et nécessiter une période considérable de réparations. Des dommages touchant une aide isolée peuvent ne pas être découverts et signalés avant longtemps. Les aides flottantes et les feux de jetée situés dans ou à proximité d’eaux qui sont exposées à des rigueurs extrêmes lors du mouvement des glaces présentent le risque le plus important de dommages.
  4. Les navigateurs sont prévenus que les aides à la navigation ne montrent pas toujours leurs caractéristiques annoncées. Les feux peuvent s’éteindre ou les signaux sonores peuvent cesser de fonctionner à cause de la glace, de collisions, de pannes mécaniques, et dans le cas des bouées à cloche ou à sifflet, à cause des eaux calmes. La forme d’une aide à la navigation peut être modifiée par l’accumulation de glace ou en raison de dommages. Sa couleur peut aussi être altérée par les embruns givrants, l’accumulation d’algues ou de fientes d’oiseaux.
  5. Il faut noter que la position des bouées indiquées sur les cartes marines n’est qu’approximative. Un certain nombre de facteurs empêchent de mouiller les bouées et leurs ancres à des points précis. Par exemple, les conditions atmosphériques ambiantes, l’état de la mer, les conditions de marée et de courant, la configuration du fond de la mer, le fait que les bouées sont amarrées à leurs ancres par des chaînes de différentes longueurs et qu’elles peuvent s’écarter de leur position indiquée sur la carte selon une distance déterminée par leurs systèmes d’ancrage.
  6. Sachant que les glaces en mouvement peuvent déplacer les bouées par rapport à la position indiquée, les navigateurs devraient procéder avec une extrême prudence dans ces circonstances.
  7. Les navigateurs ne doivent pas oublier qu’en raison de différences dans les données horizontales (par ex. NAD 27, NAD 83), le quadrillage des cartes d’une région peut varier d’une carte à l’autre. Lorsqu’on détermine la position des aides à la navigation au moyen de la méthode de la latitude et de la longitude, il y a lieu de vérifier les résultats en les comparant avec d’autres renseignements.
  8. Dans certains cas où il est nécessaire de mouiller une bouée à proximité d’un danger à la navigation (par ex. un haut-fond, un récif ou une barre rocheuse), le symbole de la bouée sur la carte peut être légèrement déplacé dans la direction des eaux sûres afin de ne pas obstruer ou cacher l’indication du danger représenté. De tels déplacements seront signalés sur la carte par une flèche.
  9. Les navigateurs devraient éviter de naviguer trop près d’une bouée pour ne pas risquer de la frapper ou de heurter son système d’ancrage ou l’obstacle sous-­marin qu’elle indique.
  10. Bon nombre de feux automatiques sont dotés d’interrupteurs à cellule photoélectrique. Ces feux, tant sur les côtes que sur la plupart des bouées, sont éteints entre le lever et le coucher du soleil. Il ne faut donc pas présumer que les feux ne fonctionnent pas normalement quand ils ne sont pas visibles de jour.
  11. Bon nombre de phares dont le feu principal reste allumé 24 heures sur 24 sont dotés de feux de secours qui s’allument automatiquement en cas de panne. Ces feux de secours sont blancs et ont une caractéristique uniforme consistant en des éclats groupés (6)15s et s’allument la nuit. Habituellement, ils sont visibles à 5 milles marins (par nuit sombre, dans des conditions atmosphériques favorables). Les publications Livres des feux, des bouées e des signaux de brumeindiquent quelles aides à la navigation sont munies de feux de secours.
  12. Les conditions atmosphériques peuvent avoir des effets considérables sur la transmission de la lumière et la visibilité des feux. Par exemple :
    1. La distance du feu ne peut pas être évaluée avec exactitude uniquement d’après son éclat apparent.
    2. Sauf à faible distance, il est difficile de distinguer, de nuit, si un feu est blanc, jaune ou bleu lorsqu’il est isolé.
    3. Dans certaines conditions atmosphériques, les feux blancs et jaunes peuvent présenter une teinte rougeâtre.
    4. Les caractéristiques visibles d’un feu alternatif présentant des phases d’intensité lumineuse différentes peuvent varier selon la distance du fait que certaines phases peuvent ne pas être visibles.
    5. Lorsqu’ils sont observés à des distances similaires, les feux à faible intensité sont plus facilement obscurcis lorsque les conditions de visibilité sont mauvaises que les feux plus puissants. Les feux colorés ont souvent une intensité inférieure à celle des feux blancs et sont plus difficiles à repérer dans des conditions défavorables.
    6. De la glace, du givre ou de l’humidité peuvent se former sur la lanterne des feux par temps froid, et plus particulièrement, cela réduit leur visibilité et pourrait donner l’impression que les feux colorés sont blancs.
    7. Un feu produisant un éclat très court peut ne pas être visible à une aussi grande distance qu’un feu produisant un éclat plus long.
  13. Le navigateur doit éviter de se fier uniquement à la couleur lorsqu’il se sert d’un feu à secteurs, mais il doit également contrôler sa ligne de position en relevant le feu. De chaque côté de la ligne de démarcation entre le blanc et le rouge et aussi entre le blanc et le vert, se trouve un petit arc de couleur indéfinissable.
  14. Lorsque le secteur de visibilité d’un feu est coupé par une pente de terrain, le relèvement auquel il disparaît ou apparaît variera avec la distance de l’observateur et la hauteur des yeux.
  15. Un arrière-plan fortement éclairé peut nuire à l’observation d’un feu.
  16. Compte tenu de la distance variable à laquelle un signal de brume peut être entendu en mer et du fait qu’il y a souvent de la brume près d’une station dotée d’un avertisseur de brume sans pour autant qu’elle soit visible de la station, les navigateurs doivent noter que :
    1. lorsqu’ils approchent de la terre dans la brume, ils ne doivent pas se fier uniquement aux signaux de brume mais doivent toujours prendre des sondages qui, dans presque tous les cas, donnent un avertissement suffisant du danger.
    2. ils ne doivent pas estimer la distance qui les sépare d’un signal de brume en se fondant sur la puissance du son. Dans certaines conditions atmosphériques, le son cesse parfois d’être audible à une très faible distance de la station, et ces conditions peuvent varier en un très court laps de temps. Les navigateurs ne doivent jamais supposer que le signal de brume ne fonctionne pas du fait qu’ils ne l’entendent pas, même lorsqu’ils sont dans son voisinage immédiat.
  17. Les aides visuelles à la navigation instal­lées par la Garde côtière ont pour but de faciliter la navigation maritime. Les chasseurs, les motoneigistes et les pêcheurs sur la glace doivent éviter de se fier aux aides à la navigation maritime après la fermeture de la saison de navigation. Les aides peuvent s’arrêter de fonctionner sans avertissement et ne seront pas remi­ses en service par la Garde côtière canadienne avant l’ouverture de la saison de navigation suivante.

Amélioration permanente

La Garde côtière canadienne tente constamment de réaliser des gains d’efficacité et des économies dans la prestation du Système canadien d’aides à la navigation. Dans certains cas, ces gains sont obtenus en utilisant et mettant en oeuvre de nouveaux matériaux et technologies. Ceux-ci incluent, mais ne sont pas limités à l’évolution dans l’utilisation des bouées fabriquées en plastique plutôt qu’en acier et les lanternes à DEL. Les navigateurs sont avisés que la Garde côtière canadienne déploie tous ces efforts afin d’assurer que la nouvelle technologie fournit des systèmes d’aides à la navigation fiables et sécuritaires. Si vous avez des préoccupations, veuillez contacter le Surintendant, Aides à la navigation de votre région.