Pêches et Océans Canada, Garde Côtière Canadienne | Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard
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USQUE AD MARE
Historique de la Garde côtière canadienne et des Services de la Marine
par Thomas E. Appleton

Le relevé des marées et des courants

Une fois le relevé des eaux canadiennes bien en marche, le ministère s'occupe de l'évaluation des courants et de la prédiction des marées, travail qui jusque-là n'avait fait l'objet que d'études locales.

De façon générale, le seul genre de travail qui avait été accompli auparavant dans ce domaine était le calcul que les hydrographes de l'Amirauté avaient fait des constantes de courants désignées par les mots : « le temps de la marée montante, de la marée haute et du renversement de marée », renseignements qui étaient portés sur les cartes. En 1889, Andrew R. Gordon, qui venait de terminer avec succès le levé de la route de la baie d'Hudson, se vit confier la tâche de rédiger un rapport sur le coût d'un relevé des marées et des courants. Suivant le meilleur usage administratif, Gordon nota les facilités qui existaient à ce moment-là examina leurs possibilités et recommanda une ligne de conduite, le tout accompagné d'un devis estimatif. Il découvrit, dans la base navale d'Halifax un marégraphe enregistreur, mais qui avait été abandonné, et que le système de prédiction :

« ... était non seulement inexact en théorie, mais en pratique était souvent très erroné ».

Il remarqua aussi que la :

« ...perte au cours de la présente année de Montréal et du Lily, qu'elle soit due ou non à l'action de courants inconnus, souligne néanmoins l'avantage de fournir aux navigateurs tous les renseignements concernant les courants que leurs bateaux devront affronter... »

Gordon poursuit et recommande un plan visant à établir un certain nombre de stations à des distances assez éloignées qui accumuleraient des observations scientifiques pendant une période de dix ans, ce qui permettrait l'établissement d'indicateurs annuels des marées. En fonction des budgets du ministère à cette époque-là, c'était là un projet coûteux estimatif pour une période de dix ans, de l'ordre de deux cent mille dollars, l'édulcorant de la fin : « ... ou la moitié du coût d'un vapeur à marchandises de premier ordre » par année.

C'est selon ses recommandations que fut créé le Service des relevés des marées et des courants, confié plus tard au Service hydrographique qui a vu le jour et les indicateurs des marées, de même que d'autres renseignements sur la navigation au Canada.

Bien que nous ayons aujourd'hui des enregistreuses automatiques, l'accumulation de données scientifiques sur les lacs et les mers est un travail long et coûteux. En 1889, de tels instruments n'existant pas, la seule façon d'obtenir des renseignements sur les marées et les courants était d'ancrer le bateau à l'endroit voulu et de se mettre au travail. Quand on se rapporte à ce premier relevé des marées et des courants, on a peine à s'imaginer les longues et mornes veilles que les hommes ont dû passer à s'occuper de la sonde à main, sur les ponts d'une goélette ou d'un petit vapeur battu par la vague, exposé aux caprices du vent et de la marée, au large des eaux canadiennes. De tels relevés, effectués de façon aussi méticuleuse que le permettaient les instruments rudimentaires d'alors, étaient les fondements mêmes de l'océanographie, domaine dans lequel notre pays joue maintenant un rôle de premier plan.