Pêches et Océans Canada, Garde Côtière Canadienne | Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard
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USQUE AD MARE
Historique de la Garde côtière canadienne et des Services de la Marine
par Thomas E. Appleton

Le nouveau ministère

La proclamation, le 2 novembre 1936, de la Loi sur le ministère des Transports, marquait un pas important dans l'administration civile du pays; pour la première fois, toutes les compagnies de transport relevant de la juridiction fédérale, relevaient d'une seule autorité. Le gouvernement se rendait compte depuis quelque temps qu'il fallait aborder le problème de plus haut. Du côté de la marine, contrairement aux développements dont il a été question au chapitre de la navigation, le temps était venu d'avoir une administration centrale qui assurerait le contrôle des principaux ports, régis depuis le début par des règlements locaux. En ce qui a trait aux chemins de fer et au système des canaux du pays, les Chemins de fer nationaux se débattaient dans un malaise financier qui durait déjà depuis longtemps et le réseau des exigeait une sorte de réorganisation sur le plan général de l'administration. L'aviation civile, ressortissant autrefois au ministère de la Défense nationale, avait progressé rapidement avec l'arrivée des aéronefs à long rayon d'action offrant toute garantie de sécurité et des moyens de communication modernes et devait maintenant s'incorporer dans les grand tout du transport commercial.

Vu l'imminence de la mise en oeuvre du projet d'amalgamation des deux ministères, un ministre fut désigné, en 1935, qui détenait les deux portefeuilles de la Marine et des Chemins de fer et Canaux. Ce ministère fut l'honorable C.D. Howe, élu député au cours de l'année. C'était la première fois qu'il allait siéger au Parlement, après une brillante carrière comme industriel et ingénieur civil. Seul membre du cabinet à détenir ce double portefeuille, il devint le premier ministre des Transports dès l'entrée en vigueur de la Loi.

Les changements ne se firent pas attendre. En 1936, l'administration de certains ports qui, hier encore, étaient sous la gestion de commissions des ports locaux, sous réserve d'un droit de regard du ministère de la Marine, tomba sous la juridiction du Conseil des ports nationaux, nouvel organe distinct du ministère, mais devant répondre au ministre de son activité. L'année suivante fut adoptée la Loi sur la révision du capital des chemins de fer nationaux du Canada et l'incorporation de la société de transport aérien, les Lignes aériennes transcanadiennes.

Avec l'instauration de nouvelles responsabilités, certaines divisions des vieux ministères furent mutées ailleurs, réorganisés ou supprimées parce qu'elles étaient de trop. La direction de relevés hydrographiques passa au ministère des Mines et des Ressources et, par mesure d'économie et d'efficacité, le chantier maritime de l'État à Sorel, qu'exploitait le ministère de la Marine et des Pêcheries, fut vendu à des intérêts privés en même temps qu'une flotte de dragues qui oeuvraient dans le St-Laurent. L'ingénieur en chef du Chenal du Saint-Laurent déménagea d'Ottawa à Montréal, tandis que les Services maritimes du ministère passaient sous l'autorité d'un directeur. M. R. K. Smith, qui, quelques temps auparavant, était sous-ministre de la Marine. Certains membres du personnel administratif continuèrent d'occuper dans l'Édifice de l'Ouest, à Ottawa, les bureaux du premier ministère de la Marine et des Pêcheries, alors que le ministère dans son ensemble prenait place dans l'immeuble Hunter dès qu'on en eût terminé la construction en 1919. La chose s'était faite avec tellement d'empressement, a-t-on dit, que les marques déposées par les chaises sur les parquets encore humides, étaient encore visibles en 1936.

Ces mesures nouvelles relatives à la régie intérieure ne s'étaient pas effectuées sans petits ennuis, mais le sous-ministre, le colonel V. I. Smart, pouvait faire observer dans son rapport que :

« Au cours de cette période quelque peu difficile, il nous a été agréable de constater la collaboration magnifique des directions au bien général. J'ai toutes les raisons de croire que le travail excellent des anciens ministères dans les passé se continuera, et d'une manière plus marquée encore, dans le cadre de la nouvelle organisation au champ plus vaste ».