L'idée moderne des recherches et du sauvetage en mer où l'on utilise navires et aéronefs en un réseau de communications complexe s'applique à la totalité du pays. Lorsqu'une catastrophe se produit, qu'il s'agisse d'un paquebot au long cours disparu dans l'Atlantique, d'un bateau de plaisance sur les Grands Lacs ou d'un bâtiment de pêche au flétan sur la côte occidentale, l'organisation est prévue pour assurer le meilleur secours possible dans les plus brefs délais. Agissant toujours dans le cadre de services d'urgence, n'ayant souvent que de vagues indications sur lesquelles appuyer les décisions de recherches et de sauvetage, dans les conditions météorologiques parfois les pires qui soient au monde, il ne faut pas croire que le succès soit facile à atteindre. Si nombre d'incidents se terminent se terminent bien, cela ne va pas, à tous les échelons, sans une vigilance de tous les instants, beaucoup de patience, quelques déceptions et une faculté de persévérance jamais en défaut devant les difficultés. Du point de vue technique, une très grande compétence et un équipement de premier ordre sont indispensables.
En dehors des accidents survenant en milieu marin, il peut se produire des sinistres en un point quelconque du territoire canadien, bien loin de la portée d'organismes de secours comme la police, la lutte contre l'incendie ou l'assistance médicale. Comme répondre à cette série d'éventualités entraîne l'utilisation d'aéronefs à voiture fixe et de moyens de télécommunication continentaux, les deux éléments Marine et Terre de l'organisation, fonctionnent conjointement sous les ordres du ministère de la Défense nationale qui, depuis juillet 1951, a été le principal organisme de liaison des services de recherches et de sauvetage. Il n'a plus exercé seul cette attribution en 1961, la Loi sur la Marine marchande a été modifiée et le ministère des Transports a reçu le pouvoir de désigner du personnel de liaison maritime pour organiser les travaux de recherches et de sauvetage en haute mer et le long des côtes du Canada.
Indépendamment de cette obligation purement nationale, la Convention internationale sur la sécurité de la vie humaine en mer, dont le Canada est signataire, oblige les pays participants à protéger la navigation dans les eaux qui avoisinent leurs côtes. D'autre part, tant de par la loi de la mer que par tradition, tous les capitaines de navires sont tenus de s'entraider quand ils se trouvent en difficulté ou en détresse.
Historiquement, le service de sauvetage peut se diviser en quatre périodes qui vont de l'époque antérieure à la Confédération jusqu'à nos jours. Avant la Confédération, la province de la Nouvelle-Écosse entretenait à l'Île au Sable une station contenant des vivres et des approvisionnements destinés aux marins naufragés de même qu'à l'Île St-Paul et, à une échelle moindre, aux Îles de la Boue et du Phoque, situées à peu de distance à l'Ouest de la pointe Sud de la province. À l'époque de la Confédération, la station de l'Île au Sable était la plus grande avec une équipe de cinq marins et un gardien tandis que celle de St-Paul, bien que lui étant généralement comparable, n'avait que quatre marins. Les postes des Îles du Phoque et de la Boue et un autre encore établi à Scatterie étaient entretenus par le gardien du phare qui fournissaient ses propres marins.
Dans la seconde période des opérations de sauvetage, qui coïncide en gros avec la grandeur et la décadence du voilier canadien, le ministère de la Marine et des Pêcheries, qui avait hérité des stations de sauvetage de la Nouvelle-Écosse, mit en place quantité d'embarcations de sauvetage, basées à terre avec équipages et abris dans les régions où l'expérience avait démontré que les navires risquaient le plus d'être jetés à la côte. Ces stations, dont le nombre dépassait trois douzaines pour l'ensemble du pays, finirent par être d'une grande efficacité dans les années qui précédèrent la première guerre mondiale. Puis avec le déclin du trafic des goélettes, la nécessité s'en fit moins sentir. Lorsque vint la deuxième guerre mondiale, les marins des canots de sauvetage furent enrôlés dans la marine nationale. On laissa alors les abris tomber en ruine par la force des choses.
La troisième période, qui va de 1946 au début des années soixante, marqua un fléchissement pour notre organisation de recherche et de sauvetage. En vérité, le nombre des canots dont l'État disposait à cet effet allait en augmentant, mais il n'y avait plus que trois stations, une en Nouvelle-Écosse et deux sur la côte de l'Île de Vancouver. Depuis la disparition des navires à voile et des goélettes, les naufrages avaient considérablement diminué dans la marine marchande mais on prit de plus en plus conscience des risques séculaires de l'industrie de la pêche qui allaient devenir un sujet de préoccupations croissantes.
La quatrième période, l'époque actuelle, se signale par une recrudescence sans précédent du danger due à la présence de quantités de bateaux de plaisance, parfois dans des endroits autrefois pratiquement dépourvus d'embarcations. Depuis la dernière décennie, le service des embarcations de sauvetage basées à terre assure à nouveau une fonction indispensable. Les recherches et le sauvetage au large des côtes, devenus plus que jamais nécessaires à l'industrie de la pêche, se trouvent renforcés du fait de la construction de vedettes de sauvetage de haute mer capables de tenir la mer par tous les temps.
Les services de sauvetage organisés qui relèvent de l'État depuis plus de cent ans, ont pris naissance à l'Île au Sable. Ils ont reçu une aide considérable de la part d'entreprises privées et de philanthropes.