Pêches et Océans Canada, Garde Côtière Canadienne | Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard
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USQUE AD MARE
Historique de la Garde côtière canadienne et des Services de la Marine
par Thomas E. Appleton

La Commission des phares

Les progrès de la technologie des amers, la production de meilleures cartes et le développement général de l'activité maritime allaient conduire à une plus forte demande de feux et de balises.

En février 1904, la Commission des phares était instituée par décret du Conseil afin d'exercer les fonctions suivantes :

« ... enquêter et faire rapport de temps à autre au ministère de la Marine et des Pêcheries sur toutes les questions qui ont trait au choix des emplacements de phares, à la construction et à l'entretien des phares, aux avertisseurs de brume et à tous autres domaines qui sont de la compétence du ministre... »

La Commission, dont les réunions avaient lieu sous la présidence du sous-ministre, le colonel F. Gourdeau, était le composée de l'ingénieur en chef du ministère, du commandant du Service canadien de la marine, du commissaire des phares et d'un représentant des intérêts maritimes, qui était au début M. Hugh Allan de Montréal. Un représentant du pilotage assistait également aux réunions s'il y avait examen de questions d'intérêt connexe.

Au début du siècle, période qui voyait l'expansion constante du trafic maritime, la Commission des phares du Canada était un organe important qui tenait des réunions fréquentes. Ses procès-verbaux indiquent un énorme volume de propositions dans le domaine des aides à la navigation, depuis l'installation de deux bouées à fuseau dans une critique jusqu'à la création de feux importants. Les pétitionnaires et les témoins qui ont comparu devant la Commission appartenaient aux professions les plus diverses. On y entendait depuis d'humbles pêcheurs jusqu'au commandant en chef de la flotte atlantique. En 1908, le capitaine Bernier, de l'Arctic, qui venait de rentrer d'un voyage dans le Nord, demandait l'installation d'un feu à Port Burwell, dans la baie d'Hudson, mesure que la Commission, à l'exception d'un membre, jugea bonne de prendre; Port Burnwell étant un poste isolé, le capitaine Bernier fut prié d'installer ce feu à son prochain voyage, ce qui fut fait. Vu les difficultés que présentait l'entretien régulier des feux isolés comme celui-là, l'aide approuvée prit la forme d'une lampe Wigham, dispositif ingénieux dont on espérait beaucoup mais qui n'eut jamais de succès durable.

La lampe Wigham brûlait du pétrole lampant contenu dans un énorme bidon, d'une capacité suffisante pour de nombreuses semaines de fonctionnement. Pour éviter le problème qui posait le coupage de la partie brûlée de la mèche, la lampe Wigham avait une mèche sans fin, dont un mécanisme d'horlogerie assurait l'avancement à une vitesse suffisante pour faciliter l'attraction capillaire au moyen de l'immersion mécanique. La flamme s'allumait à la partie supérieure de la mèche dans un brûleur spécialement conçu.

Les demandes d'aides à la navigation affluaient de toutes les parties du pays : elles émanaient de députés, de surintendants de la marine, d'associations de marine marchande, d'autorités locales, de clubs nautiques, et en général de tous ceux qui s'intéressaient aux eaux de Canada. Les dispositifs scientifiques les plus récents n'étaient pas non plus négligés : en 1910, le capitaine J. W. Troup, qui représentait les intérêts maritimes de Colombie-Britannique, demandait l'installation de signaux sous marins au cap Beale, à Spanish Bank, à Gossip Reef, et au bateau-phare Sandheads, pour faciliter la navigation de la côte ouest et le passage des paquebots trans-pacifiques.

La Commission fut quelque peu circonspecte à cette occasion; ses procès-verbaux mentionnent en effet ce qui suit :

« La Commission se rend entièrement compte du fait que l'installation de ces signaux serait une aide appréciable pour la navigation à destination de Vancouver, et elle soumettrait avec respect à l'étude du ministre la question d'une application du système de signalisation sous-marine à toute la côte du Pacifique. Elle ferait cependant observer qu'il semble peu souhaitable d'équiper une ou deux stations si le gouvernement n'est pas disposé à étendre le système à l'ensemble de la côte du Pacifique, et si les vaisseaux qui naviguent dans les eaux de Colombie-Britannique ne désirent pas s'équiper d'appareils récepteurs. »

La plupart des propriétaires de navires refusant de faire l'acquisition de ces appareils, le système de la signalisation sous-marine ne fit pas l'objet d'une application plus étendue.

Photo: Le chasseur de phoques Thomas F. Bayard

Le chasseur de phoques Thomas F. Bayard sur le ber, en 1905. Ce bâtiment construit à San-Francisco et baptisé Mermaid était destiné primitivement à servir de bateau-pilote : on le voit ici en cours de transformation pour devenir le bateau-feu Sandheads. Cette goélette large et à relevé de varangues très accentué est un excellent des goélettes rapides américaines de l'époque.

La Commission des phares du Canada est restée en fonction jusqu'après la création du ministère des Transports; elle n'a même jamais été officiellement dissoute; vers la fin des années trente, toutefois, nos voies d'eau possédait un réseau d'aides très perfectionné et très dense, et avec l'avènement de la guerre, l'attention se porta vers d'autres questions. Les fonctions de la Commission sont exercées aujourd'hui par le ministère qui consulte les intérêts en jeu, et les affaires concernant les aides à la navigation continuent de faire l'objet d'une étude attentive.