Les officiers des Services de communications et de trafic maritimes (OSCTM) de la Région des Maritimes, oeuvrant au Centre SCTM de Saint-Jean (baie de Fundy), connaissent la signification des mots sécurité et prévention de la pollution. Au cours des 22 dernières années, les OSCTM du «Centre de Fundy» ont surveillé les transits et les mouvements «en zone» de plusieurs milliers de navires, en fournissant information et assistance aux navigateurs de tout genre, depuis les plaisanciers jusqu'aux capitaines des navires citerne très gros porteurs (NTGP).
La baie de Fundy est le fonds de pêche de la deuxième flotte de pêche commerciale en importance au Canada. En plus de cette forme historique de pêche, les piscicultures ou «aquacultures» côtières de la région de Grand Manan, Passamaquoddy Bay et Deer Island fournissent annuellement un apport économique additionnel de plus de 150 millions de dollars à l'économie de la région. Le tourisme est une industrie en pleine expansion dans cette région, principalement grâce aux «plus grandes marées du monde», aux baleines et aux paysages côtiers qui attirent les visiteurs du monde entier. Il ne faudrait qu'un seul incident majeur pour que toute la baie de Fundy devienne un désastre environnemental.
Et qu'en est-il de la protection de la baleine franche? À l'époque, les baleiniers la préféraient en raison de sa grande abondance et de sa facilité d'accès qui semblaient donner l'impulsion nécessaire à l'industrie de la pêche commerciale à la baleine. Bien qu'il y ait eu pendant plusieurs années un interdit sur la pêche à la baleine franche, la lutte pour assurer la survie de cette espèce est un effort continuel. Les collisions avec des navires et l'emprisonnement dans des filets de pêche constituent les principales causes de mortalité chez la baleine franche. Selon les rapports les plus optimistes, il ne reste qu'environ 350 baleines franches sur la côte est de l'Amérique du Nord. Chaque année, de juin à décembre, 50 % de cette population se rassemble dans le sud de la baie de Fundy pour s'accoupler, soigner les nouveaux-nés et se nourrir de l'abondant plancton que l'on retrouve dans ce secteur. Le drame de cette situation est que le secteur de rassemblement préféré de ces baleines se trouve en plein milieu du système obligatoire de séparation du trafic maritime. La voie de sortie traverse en fait en diagonale la zone que le MPO a récemment désignée comme «Sanctuaire de baleines». On examinera la possibilité de déplacer les voies de circulation, mais cette solution pourrait également engendrer des risques additionnels pour la navigation et les pêcheurs, et augmenterait le temps de transit dans la baie de Fundy. Par bonheur, le Sanctuaire de baleines se trouve tout près du radar d'observation de la baie de Fundy, situé à Tiverton (Nouvelle-Écosse). Le Centre SCTM de Saint-Jean observe tous les mouvements des navires à l'intérieur et autour de ce sanctuaire, et fait en sorte que tous les navires entrant dans la baie de Fundy ou en sortant soient informés qu'ils traverseront ce sanctuaire de baleines. À mesure qu'un navire s'avance vers cet endroit, le Centre SCTM lui communique les coordonnées des récentes observations de baleines qui se trouvent à proximité de son trajet prévu. On lui recommande également de maintenir une surveillance étroite et de prendre les mesures nécessaires pour minimiser les risques de collisions. En vertu de l'article 562.18 de la Loi sur la marine marchande du Canada, les SCTM a le pouvoir de tenir les navires à l'écart des animaux présents dans la mer. Toutefois, grâce à la collaboration manifestée par tous les navigateurs jusqu'à présent, ce genre d'intervention n'a pas été nécessaire.
La protection des navires et des baleines fait simplement partie de la mission quotidienne des SCTM. Les extraits d'une lettre faisant suite à cet article confirment encore davantage cette initiative.
Pour en savoir davantage visitez le site http://www.sararegistry.gc.ca/species/speciesDetails_f.cfm?sid=780