Archives - Les officiers des SCTM à l'oeuvre
Le 16 janvier 1998, à 4:59 NST, ces vingt secondes revêtaient une importance capitale pour l'équipage du N.M. Flare/P3GL2. C'est la durée approximative de la communication qui a eu lieu entre le navire en détresse Flare et le Centre STCM de Stephenville.
L'installation VHF périphérique située à Ramea Island, sur la côte sud-ouest de Terre-Neuve, a reçu le message de détresse par fragments. Seuls les mots suivants ont pu être distingués clairement : « Aidez-nous, quelqu'un - MAYDAY ». La panique absolue de la transmission ne laissait aucun doute quant à l'urgence de la situation. Comme la transmission reçue par la station périphérique était fragmentée et comme d'autres centres STCM étaient plus près du secteur, j'ai pensé qu'un autre centre avait dû recevoir cet appel à l'aide.
Certaine qu'une autre station avait dû recevoir le message de détresse, j'ai appelé les centres SCTM de Placentia et de Sydney pour savoir ce qu'ils avaient réussi à copier du message - NÉANT. À quel endroit de la côte sud-sud-ouest de Terre-Neuve pouvait donc se trouver ce navire pour que ni les centres de Terre-Neuve ni les centres des Maritimes ne puissent communiquer avec lui ? Le Flare se trouvait à environ 63 milles de l'installation VHF périphérique de Stephenville, à Ramea Island, installation ayant une portée de 40 milles. La gestion des événements qui suivirent faisait appel à notre formation : action-réaction.
Le travail d'équipe a joué un rôle de premier plan dans les communications échangées entre le contrôleur SAR MRSC Mervin Wiseman et les opérateurs du Centre STCM de Stephenville. Les trois heures qui ont suivi ont passé à toute vitesse, occupés que nous étions à dépêcher des ressources et à passer au peigne fin les bandes enregistreuses pour trouver le moindre détail.
Mon quart de travail s'est terminé trois heures après la réception de l'appel de détresse. Je devais toutefois découvrir plus tard toute l'ampleur de l'événement ... 25 pertes de vie! Le reste est, bien sûr, passé à l'histoire. Quatre survivants ont pu relater la tragédie.
Le 15 mai 1998, à 1451Z, l'officier des SCTM, Don Fillmore, a capté très faiblement et par intermittence, une transmission sur 2182khz. L'information transmise provenait du MEGA PRI PRI/DH7022. Ce sloop de 12 mètres en provenance des Bermudes voguait en direction des Açores, mais avait été malmené et endommagé par des vagues de cinq à six mètres et des vents de force 5. Il n'avait plus en fonction qu'un émetteur-récepteur de secours émettant sur 2182khz et il avait perdu une partie de son gréement dormant; il se trouvait alors sans autre aide à la navigation qu'un compas magnétique.
L'équipage de deux personnes était parti livrer le bateau à son propriétaire en Allemagne, mais n'avait pas de carte de navigation ni d'expérience de la côte est nord-américaine. Don a immédiatement demandé tous les renseignements essentiels et, tenant compte des risques pour les occupants du navire de se retrouver avec une batterie à plat et la perte totale de communications radio, il a organisé un horaire de communications radio aux deux heures.
Pendant les trois jours qui ont suivi, les officiers des SCTM de Saint John se sont occupé des communications radio jusqu'à ce que le bateau reçoive de l'aide pour entrer à Nantucket, dans le Massachusetts. Les conditions radio étaient QSA1 QRK 0-1 pendant toute la période, mais on pouvait tout de même déceler un peu d'inquiétude dans la voix de l'équipage et, finalement, le soulagement d'avoir quelqu'un à terre qui gardait un oeil sur eux.
Pour donner au lecteur une idée de la situation, voici quelques répliques tirées du registre radio :
15 mai 15:00 "Seulement 2 câbles retiennent le mât, il va tomber et nous serons alors en très grand danger."
15 mai 15:40 "Seule la pompe de la salle des machines fonctionne", "nous avons de l'eau, de la nourriture, mais il est difficile de faire à manger, seulement des fruits."
15 mai 16:40 "Les vagues sont hautes comme des montagnes, il reste une toute petite partie de la grand-voile".
15 mai 21:03 "Vent 36 noeuds, mer 5 mètres... le mât risque de passer par-dessus bord, seulement deux, trois câbles le retiennent maintenant."
15 mai 23:00/16 mai 12:45 Le bateau a tenté d'entrer en communications, mais le signal est QRK 0
16 mai 12:45 "Le moteur s'est arrêté hier soir, mais il vient de repartir, nous espérons atteindre Norfolk."
16 mai 17:10 "Des vagues de 2 mètres, vent force 3 ou 4, moteur en marche, vitesse 4,7 noeuds."
17 mai 11:20 "Brumeux, vent 15 noeuds, mer légère, très beau temps, étai brisé à bâbord, mais naviguons à voile et allons éteindre le moteur. Je veux économiser le carburant pour le moment où je serai près des côtes - peut-être New York, mais tout dépend de l'endroit où les vents me porteront. J'ai un problème parce que je n'ai pas de carte de la côte. Merci de votre aide extraordinaire."
17 mai Pendant la nuit, un avion de la Garde côtière américaine a pu localiser le navire, laisser tomber du matériel et établir un contact radio VHF.
18 mai 21:36 "MEGA PRI, PRI maintenant dans le port de Nantucket. Tenons à remercier tout le personnel de votre station pour leur aide et leur excellent travail. Ce fut grandement apprécié!"
Le texte suivant présente un exposé de première main du « Centre des SCTM de Tofino » sur l'arrivée d'un navire de réfugiés à la Nootka Sound. Certains renseignements résultent de ma participation personnelle, mais la plupart ont été glanés dans les livres de bord et auprès de mes collègues en service.
À 20 h 45, le lundi 19 juillet, le navire Toucan a lancé un appel de Nootka Sound pour rapporter ce qu'il a appelé un « navire suspect » à l'ouest de Bligh Island. Le Toucan a suivi la trace du navire à 8 noeuds. Il l'a décrit comme un navire de couleur bleu militaire, sans marques ni drapeaux. Le navire « semblait simplement mystérieux » et le Toucan a jugé qu'il était approprié d'appeler la Garde côtière dans le cadre du Programme de surveillance côtière de la GRC. Après avoir pris les renseignements, les SCTM de Tofino ont appelé le Centre de régulation de Courtenay de la GRC.
Un second appel au Toucan a permis d'établir que le navire suspect avait 125-150 pieds de long et prenait la direction de Kendrick Inlet vers Tahsis. Trafic Tofino a établi que le seul navire de cette longueur dans le secteur était le yacht Montigne. Des renseignements obtenus d'un autre navire indiquaient que le Montigne était de couleur blanche standard et que, par conséquent, il ne pouvait être le navire mystérieux. Lorsqu'on lui a posé la question, le gardien du phare de Nootka a été incapable de donner des renseignements, car il n'avait pas vue sur le secteur. Une interconnexion vocale a été établie entre le Centre de régulation de Courtenay et le Toucan, et le Centre de régulation a relayé les renseignements à la station de la GRC à Ucluelet, laquelle nous a appelés puis a communiqué avec la station de la GRC à Gold River. Il n'y a pas eu d'autres communications avec la GRC ce soir-là.
Il semble que l'équipe de nuit soit toujours très occupée dans les dernières heures de quart, lorsque les officiers des SCTM sont le plus fatigués, et le mardi 20 juillet n'a pas fait exception. Vers 7 h 30, le Centre a répondu à des appels en provenance de Critter Cove Resort et des navires Boys from Beaufort et Double Header, lesquels rapportaient des événements bizarres près de Strange Island au Eliza Passage. Le Boys from Beaufort , piloté par deux officiers non en devoir de Snohomish County, était tombé sur deux Asiatiques à bord d'un radeau formé de barils de 45 gallons. À l'aide d'un dictionnaire chinois-anglais, les Asiatiques ont indiqué qu'ils cherchaient un téléphone. Critter Cove Resort et le Double Header ont signalé la présence du radeau et du navire mystérieux. Ils ont décrit le navire comme un ancien navire de charge de 80 pieds avec une légère inclinaison à tribord. De plus, trois ou quatre Asiatiques se tenaient sur le pont et agitaient des dollars américains, une situation que les officiers de Snohomish County ont décrit comme «extrêmement suspecte».
Le Centre de sauvetage de Victoria a assigné au Tanu la tâche d'enquêter sur cet incident. Son ERS, le Tanu 1, était sur les lieux dans les quinze minutes. Voici les événements qui ont suivi :
À 10 h 47, le Centre de sauvetage de Victoria, persuadé que les occupants du navire étaient des réfugiés, a avisé le Centre des SCTM de Tofino que le Tanu passerait le relais au Centre régional des opérations. Au cours des heures qui ont suivi, des agents de l'immigration, de la GRC et de la Santé et du bien-être sont arrivés sur les lieux. Le Tanu a continué d'apporter son aide et a par la suite accompagné le navire lorsqu'on l'a remorqué vers Gold River, avec les réfugiés toujours à bord. Finalement, les réfugiés ont été transférés dans des autobus scolaires et sont partis vers la base des Forces canadiennes d'Esquimalt. Les renseignements communiqués à la presse au cours des jours suivants ont révélé que les 123 occupants du navire avaient voyagé 39 jours à partir de la province de Fujian en Chine.
« Trafic de Halifax... Nous avons une urgence! » Puis le silence.
Ce court et unique appel de détresse provient du canal VHF 16. Malgré les demandes de renseignements additionnels lancées par les officiers SCTM, aucun autre appel n'est reçu.
Par cette froide journée du 29 janvier 2000, un navire avait besoin d'aide.
Voilà quelques-unes des questions que se pose un officier des SCTM qui reçoit un appel de détresse.
Par la suite, les SCTM reçoivent un appel d'un citoyen : « Deux personnes dans un petit bateau gris semblent en détresse à proximité du quai 21 du port de Halifax. » Voilà qui réduisait considérablement le champ de recherche. Le bateau-pilote de Halifax est immédiatement dépêché sur les lieux. Deux marins sont rescapés; ils se trouvaient à bord d'un canot pneumatique à coque rigide. Le moteur avait pris feu, l'incendie s'était propagé, tout le matériel électronique y avait passé. D'où ce silence. Les marins ont été sauvés parce que nous avons réagi rapidement. Les choses auraient pu mal tourner. Les exemples ne manquent pas; il suffit de songer au naufrage du N/M Flair à Terre-Neuve.