Dans le milieu maritime, on se sert de plus en plus de balises de détresse par satellite et de dispositifs d’avertissement à faible puissance pour repérer les personnes à la mer. En 2003, grâce au système Cospas-Sarsat (agencement du système spatial pour les recherches des navires en détresse et du système de poursuite par satellite SAR), on a pu détecter beaucoup de balises et de dispositifs de signalisation activés dans la région SAR (de recherche et de sauvetage) canadienne, exigeant pour la plupart les services de radioralliement d’une unité SAR pour localiser les personnes en détresse avant de pouvoir procéder à leur sauvetage.
Même si le système Cospas-Sarsat peut repérer ces dispositifs dans un rayon de cinq milles pour les transmissions de 406 MHz et dans un rayon de 20 milles pour les transmissions de 121,5 MHz, il reste que la localisation de la source de transmission n’est pas toujours évidente. Les choses se compliquent si le message provient d’un secteur où les navires sont nombreux, comme dans un port. Tous les aéronefs et les navires de la Garde côtière canadienne (GCC) transportent du matériel fixe de ralliement pouvant fonctionner sur 121,5 MHz. Toutefois, il y a des situations où ce serait plus simple pour le personnel de se rendre à terre pour continuer le radioguidage afin de localiser le signal plus rapidement.
L’objet de la présente proposition est de mettre à l’épreuve six appareils de radioralliement portatifs et ultramodernes devant être utilisés dans des secteurs maritimes reconnus pour leur niveau élevé d’incidents SAR nécessitant le ralliement côtier de balises. On trouvera à la fin de la proposition un graphique historique de ces incidents SAR.
Le SAREX « Ocean Guardian II » est un exercice de recherche et de sauvetage intergouvernemental mettant à contribution, d’une part, des éléments maritimes et aéronautiques et, d’autre part, la Garde côtière canadienne, les Forces canadiennes et des exploitants de traversiers internationaux. On a conçu un nouveau plan de coopération internationale SAR pour les traversiers qui font la navette entre Saint-Pierre et Fortune. Celui-ci présente un concept d’opération fondé sur l’utilisation efficace des ressources pouvant s’avérer nécessaires en cas de catastrophe maritime.
Toutes les ressources, y compris le personnel affecté à terre, seront mises à contribution dans le cadre d’une catastrophe maritime; le plan de coopération sera mis en branle et on mettra à l’épreuve les processus et les procédures pour s’assurer qu’avec des efforts rapides et coordonnés, on interviendra de manière efficace. Il s’agit d’une première. Le plan de coopération SAR n’a jamais été mis en branle, ni mis en pratique. Il faut faire ce SAREX pour se pencher sur les lacunes, puis sur les modifications ou toutes les transformations qui contribueraient à la sauvegarde de la vie en mer ou des biens.
L’objet de la présente proposition est d’obtenir du financement dans le cadre du programme FNI pour faciliter la mise au point d’un système de prévisions pour, d’une part, établir un modèle des courants de surface de la côte est et d’une partie de l’Arctique de l’Est et, d’autre part, transférer les données à la GCC pour qu’elles soient saisies dans le CANSARP (système de planification des activités de recherche et de sauvetage au Canada).
Dans une intervention SAR, on délimite la zone de recherche en fonction des renseignements pertinents accessibles au moment de l’incident. À l’heure actuelle, nous disposons de trois modèles de la côte est, mais ceux-ci présentent ou des recoupements ou des vides à différents endroits. Les coordonnateurs d’une recherche doivent prendre des décisions sur le modèle à utiliser tout en étant conscients des lacunes des divers modèles de manière à se baser sur les renseignements les plus fiables. Il faut dire que durant une manœuvre de recherche, ce n’est pas le moment d’évaluer les modèles et de décider lequel utiliser. Le modèle de regroupement des prévisions de la côte réglera les chevauchements et les vides tout en étendant le modèle des courants de surface jusque dans un secteur de l’Arctique de l’Est, autour de la baie de Baffin, au sujet duquel aucune donnée n’est disponible en cas de besoin. Les données en temps réel des dériveurs de surface peuvent fournir les renseignements décisifs requis pour le CANSARP. Toutefois, les données des dériveurs ont une couverture spatiotemporelle limitée : les dériveurs comme les SLDMB (bouées-repères électroniques autolocalisantes) sont déployés par des aéronefs ou des navires envoyés sur les lieux dans le cadre d’une activité SAR. Or, le contrôleur doit tout d’abord se fier à des modèles de courants de surface avant de cerner la zone où il enverra les unités SAR. Ce n’est qu’à leur arrivée sur les lieux que celles-ci pourront se servir des SLDMB pour une recherche plus précise. Il s’agit de la meilleure stratégie permettant de prévoir les courants de surface dans un vaste secteur, soit l’utilisation complémentaire de données en temps réel (SLDMB) et de modèles de prévisions.
Au cours des dix dernières années, des scientifiques de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), Institut océanographique de Bedford (IOB), et de l’Université Dalhousie ont élaboré des modèles de courants océaniques des Grands Bancs, du plateau néo-écossais et du golfe Saint-Laurent. Par conséquent, on se fondera sur l’expérience acquise pour mettre au point le présent projet, c’est-à-dire un modèle prévisionnel élargi, qui couvrira tout le littoral est du Canada et qui présentera des fonctions avancées pour l’obtention de résultats fiables. On procédera au calibrage et à la validation du modèle en se servant des données des dériveurs de surface déployés par la Garde côtière canadienne et le Collège de la GCC. Ainsi, on mettra au point un système prévisionnel dont l’architecture sera inspirée d’un système actuel et qui offrira une panoplie de fonctions comme le transfert de données, l’exécution de modèles, l’affichage graphique et la livraison de données.
Dans la proposition, on vise l’intégration de trois modèles de la côte est et d’une annexe, de manière à couvrir des régions non incluses dans les modèles actuels. Les courants de surface générés par l’ordinateur seront transférés à la GCC et saisis dans le CANSARP comme références usuelles. Les activités décrites dans la proposition sont intimement liées aux efforts que le ministère des Pêches et des Océans (MPO) et les scientifiques déploient en océanographie opérationnelle en vue de renseigner les organismes d’opérations et d’appuyer le Ministère qui doit voir à offrir, dans le cadre de son mandat, des voies navigables accessibles et sans danger. Dernièrement, au MPO, on a mis sur pied un groupe de travail sur la modélisation régionale des eaux océaniques. Celui-ci appuie sans réserve une solution unifiée pour la prévision à court et à moyen terme des eaux de plateau canadiennes. Deux projets du Programme de recherche et de développement énergétiques (PRDE) ont permis de financer des activités de recherche intimement liées à celles de la présente proposition, soit l’étude de l’effet des vagues sur les courants de surface et la construction d’une grille numérique pour un modèle océanique élargi.