Pêches et Océans Canada, Garde Côtière Canadienne | Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard
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Le Collège de la Garde côtière canadienne

Histoire de la Garde côtière canadienne de 1962-2007

Le 26 janvier 1962, la Garde côtière voyait le jour.  En effet, Monsieur Leon Balcer, ministre des Transports, s’adressa à la Chambre des communes pour annoncer que le gouvernement avait décidé que la flotte du ministère constituée de brise-glace, de navires d’aide à la navigation et d’approvisionnement pour le Grand Nord s’appellerait désormais  la Garde côtière canadienne.  Ce changement reconnaissait le besoin d’un service maritime national civil en vue de soutenir de vastes objectifs nationaux.  Il répondait également aux demandes croissantes de la part des collectivités côtières et des intervenants du commerce et de la pêche pour un organisme de recherche-sauvetage équipé d’embarcations comme l’était la garde côtière étatsunienne.  Pour bien affirmer cette transformation, les navires de la Flotte arborèrent dorénavant les couleurs du drapeau canadien, le blanc et le rouge, la feuille d’érable figurant sur la cheminée.

De sorte à répondre à ce mandat élargi, on fit construire de nouveaux navires.  Les premiers furent des gardes-côtes SAR : navires de haute mer et caboteurs, ainsi que des bateaux de sauvetage rattachés à une station.  Parmi les autres nouveaux navires, on comptait le brise-glace Louis S. St-Laurent, terminé en 1969, qui reste le plus gros navire de la Garde côtière.  En 1965, afin de fournir des officiers hautement formés pour une flotte en expansion, on créa le Collège de la GCC à Sydney (Nouvelle-Écosse).  Les « agences » plutôt autonomes du ministère des Transports furent réorganisées en cinq (5) Régions, à l’origine nommées comme suit : Terre-Neuve, les Maritimes, les Laurentides, le Centre et l’Ouest; le quartier-général à Ottawa allait assurer le contrôle central.  D’autres composantes maritimes majeures de Transports Canada – l’inspection des navires, l’accréditation des capitaines, lieutenants et mécaniciens de marine, la direction des télécommunications et de l’électronique, de même que la surveillance des havres et le pilotage – se retrouvèrent sous l’égide de la Garde côtière.

Bien que pour l’essentiel, le travail quotidien de la Garde côtière reste largement inaperçu du public, certains événements marquants ont suscité une forte attention médiatique.  En 1969, le superpétrolier étatsunien Manhattan effectua des expériences de navigation dans le Passage du Nord-Ouest.  Il était escorté par le NGCC John A. MacDonald, tant pour des raisons d’affirmation de souveraineté que pour des raisons de sécurité, ainsi que par un brise-glace de la garde côtière étatsunienne (USCG), tandis que l’Aviation royale du Canada (ARC) offrait une reconnaissance des glaces, du haut des airs.  L’objectif était de déterminer si on pouvait acheminer du pétrole du versant nord de l’Alaska vers les marchés par voie maritime; en fin de compte, on opta plutôt pour un pipeline.  Après plusieurs déversements majeurs par des pétroliers en Europe, la menace de pollution par les hydrocarbures était devenue une préoccupation à l’échelle mondiale.  Le Canada en fit lui-même l’expérience en 1970, lorsque le pétrolier Arrow s’échoua dans la baie Chédabouctou (Nouvelle-Écosse).  Les leçons apprises au cours de l’assainissement qui s’ensuivit résultèrent en de nouvelles lois et en la création d’un organisme de mesures d’urgence adéquatement équipé.  Ces mesures vinrent à point nommé en 1979 lorsqu’un autre pétrolier, le Kurdistan, se brisa en deux dans le détroit de Cabot.  L’expertise de la GCC dans ce domaine a servi à aider lors du déversement de l’Exxon Valdez en Alaska, en 1989, ainsi qu’au Bahrain pendant la Guerre du Golfe, en 1991.

En 1990, la dernière d’une série d’études recommanda la consolidation en un seul ministère des navires dotés d’équipages civils du gouvernement, retour en quelque sorte aux dispositions prises au début de la Confédération.  Le ministère de la Marine et des Pêches, chargé de toutes les questions maritimes (sauf des canonnières et autres bateaux de guerre) avait été créé par une loi du Parlement sanctionnée le 22 mai 1868.  Au cours des 127 années qui avaient précédé 1995, ses fonctions avaient été transférées entre divers ministères.

En 1979, la responsabilité des patrouilles de pêche, de l’hydrographie et de la recherche scientifique reposait sur le ministère des Pêches et des Océans (MPO).  Au cours de la période de l’après-guerre, le nombre et la taille des navires de pêche et des navires de recherche scientifique s’étaient accrus, eux aussi soumis aux mêmes influences que la Garde côtière.  La limite des eaux territoriales du Canada était passée de 3 à 12 milles en 1964 et, en 1977, on établit une zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles.  La vaste flotte du MPO incluait des navires de patrouille nécessaires en raison de l’agrandissement de la zone de surveillance et de la présence de navires de pêche et de recherche océanographique.  Parmi ses navires scientifiques modernes, on comptait le  Baffin et l’Hudson, deux gros navires hydrographiques à coque renforcée pour mener des études dans l’Arctique.

Le 1er avril 1995, la responsabilité de la Garde côtière fut cédée au ministère des Pêches et des Océans, tandis que les pouvoirs de réglementation restaient aux mains de Transports Canada.  Les flottes des deux organismes et leur personnel fusionnèrent; les bateaux de patrouille gris et les navires de recherche blancs du MPO prirent bientôt les couleurs de la Garde côtière.  Actuellement, la Garde côtière canadienne est en train d’élaborer de nouvelles façons de remplir son mandat, lequel consiste à « gérer les océans et les plans d’eau majeurs du Canada de sorte qu’ils soient propres, sécuritaires, productifs et accessibles; assurer l’utilisation durable des ressources halieutiques; faciliter les échanges et le commerce maritimes ».  Au cours du XXe siècle, la Garde côtière continuera à développer et à utiliser de nouvelles technologies et des stratégies de gestion flexibles dans la réalisation de ses responsabilités, en vue de continuer à offrir à la nation les précieux services qu’elle a offerts tout au long de son histoire.