
Au milieu des années 1980, le Collège agrandit ses installations récréatives. Sous un même toit, on comptait désormais un gymnase de 52 mètres et une piscine de 25 mètres, construits à l’occasion des Jeux d’hiver du Canada (1987). Après l’agrandissement du pavillon des résidences vinrent s’ajouter : un poste de contrôle, une aire de réception et d’attente, une salle de conférence, une chapelle, une aire d’entreposage et un lien entre les nouvelles et les anciennes résidences. Pendant ce temps, Transports Canada décida de financer la construction d’un nouvel atelier de mécanique (pour la formation des mécaniciens en usinage, en soudage et en entretien des moteurs) de même que celle d’un hangar à embarcations (servant à la formation en matelotage et en manutention des petites embarcations). Jusqu’au milieu des années 1980, la formation pratique des élèves officiers en mécanique et en navigation s’était déroulée dans les locaux construits par la Marine avant 1965. Après la construction des nouveaux bâtiments, le pavillon de formation en mécanique avec ses simulateurs et salles de classe occupait presque le triple de la superficie de l’ancien atelier de Point Edward.
En 1988, le docteur A. W. Gyorfi offrit au CGCC une rare collection d’éléments d’histoire maritime. Sa collection comprenait 28 cartes authentiques dressées par des cartographes du XVIIIe siècle tels que le duc d'Anville, Nicolas Bellin, le marquis de Chabert et sir Thomas Jeffreys. En rassemblant les pièces de sa collection, Gyorfi s’était concentré sur le Cap-Breton, en particulier sur Louisbourg et sur les établissements avoisinants qui soutenaient alors la présence française sur nos côtes. Il avait également inclus des éléments témoins de la présence française élargie jusqu’en Nouvelle-Écosse continentale (Acadie), au Bas-Saint-Laurent actuel (aval du golfe du Saint-Laurent) et sur la côte sud-est de Terre-Neuve. Vu que sa collection comprend les œuvres de cartographes anglais qui ont représenté les mêmes zones géographiques, il est possible de constater d’un coup d’œil les luttes de pouvoir entre les deux superpuissances de l’époque. La collection est exposée à la bibliothèque du CGCC.
Dans les années 1990, le Collège a continué à se bâtir une réputation internationale. Dans le cadre de ses mesures de normalisation des échanges en mer, on a chargé le Collège de créer un programme linguistique international dans le domaine maritime. À la même époque, la Radio Garde côtière de Sydney emménageait au Collège. L’année 1990 a également vu le 25e anniversaire du Collège; 771 élèves officiers avaient jusqu’alors suivi le PFO et reçu leur diplôme. En 1992, l’Institut de formation maritime du gouvernement fédéral déménageait de Cornwall (Ontario) au Collège, y transportant du même coup les départements de formation suivants : Services de trafic maritime (STM), Opérations radio (RO), Logistique et Recherche-sauvetage (SAR).
En réaction à une diminution de la demande en nouveaux officiers de la part de la GCC au début des années 1990, le Collège commença à réduire le nombre de candidats admis au PFO et entreprit de relever le défi d’une direction nouvelle. Il était passé d’un institut d’enseignement axé sur le PFO à un établissement à composantes multiples. On effectua dès lors des changements au mode d’hébergement en quartiers du Collège afin de tenir compte de la formation à court terme qui se déroulait désormais au Collège. Une salle de classe fut ainsi transformée en centre de coordination de sauvetage pour le département de SAR, tandis qu’on y installait le simulateur de centre de coordination des opérations de sauvetage le plus avancé au monde. Vinrent s’ajouter d’autres simulateurs : celui de pilotage aux instruments (équipé d’un système d’écran visuel hors passerelle Norview 2000, celui d’appareil propulsif PPT 2000 et celui des services de trafic maritime. Les tout premiers diplômés du programme national de régulateur de trafic maritime du CGCC occupèrent aussitôt des postes dans les centres de trafic maritime canadiens.