ARCHIVÉ - CHAPITRE 2 : Navigation dans les glaces

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2.6 Navigation sans escorte

L'expérience nous enseigne que les navires non renforcés pour la navigation dans les glaces et qui ont une vitesse d'environ 12 noeuds en eau libre sont parfois irrémédiablement coincés dans des glaces dont la concentration est relativement faible. En revanche, les navires « renforcés » suffisamment puissants devraient pouvoir avancer dans des glaces de première année en concentration de 6/10 ou de 7/10. De tels navires peuvent souvent naviguer sans escorte et sans autre aide que les recommandations de route.

2.6.1 Pénétration dans les glaces

Les recommandations de route faites par les préposés du centre d'opérations des glaces au moyen du système d'information approprié, c.-à-d. ECAREG, reposent sur les dernières données disponibles. Les capitaines ont intérêt à régler leur cap en conséquence. Voici quelques conseils utiles sur la manoeuvre d'un navire dans les glaces :

  1. Ne pénétrez pas dans une zone de glaces si une autre route, même plus longue, s'offre à vous.

  2. Il est très facile et extrêmement dangereux de sous-estimer la dureté de la glace.

  3. Pénétrez dans une zone de glaces à vitesse réduite, attendez le choc d'abordage et, une fois entré dans la banquise, augmentez la vitesse afin de garder la maîtrise et l'erre du navire.

  4. Soyez prêt à faire machine arrière toute à tout moment.

  5. Ne tentez pas de traverser la banquise dans l'obscurité sans disposer de projecteurs puissants faciles à commander de la passerelle; si vous ne pouvez plus avancer à cause d'une piètre visibilité, mettez à la cape et laissez tourner l'hélice au ralenti; une hélice lente risque moins d'être abîmée par les glaces qu'une hélice immobile.

  6. Hélices et gouvernails sont les organes les plus vulnérables du navire; dans les glaces, les navires devraient faire machine arrière avec une extrême prudence, et toujours avec la barre à zéro.

  7. On doit se tenir loin de toute forme de glace de glaciers (icebergs, fragments d'iceberg et bourguignons) dans la banquise; elle se déplace avec le courant, tandis que la banquise est mue par le vent.

  8. Dans la mesure du possible, il faut éviter les crêtes de pression et ne pas tenter de se frayer un passage dans les glaces soumises à la pression.

  9. Un navire sans escorte a généralement besoin d'un brise-glace pour se dégager s'il est coincé dans les glaces. Cependant, les navires lestés réussissent parfois à se dégager eux-mêmes en transférant le lest d'un côté à l'autre du bâtiment au moyen des pompes. Une très légère modification de l'assiette ou de la bande peut suffire à libérer le navire

Le capitaine peut songer à retenir les services d'un pilote, d’un conseiller ou d’un officier de navigation spécialisé en navigation dans les glaces, dans l’Arctique.

2.6.2 Usage du radar pour la navigation dans les eaux arctiques

Il n'est pas recommandé de faire le point par mesure de la distance d'un seul point terrestre ou d'un seul relèvement au radar ou au gyrocompas. Dans les eaux arctiques, il vaut mieux mesurer par radar la distance de deux points ou plus, mais cette méthode exige un choix attentif et une identification correcte des amers radar. L'utilisation du radar pour faire le point dans les eaux arctiques présente les difficultés suivantes :

  1. Difficulté de repérer la démarcation entre glace et eau; une réduction du gain de récepteur devrait diminuer l'écho des glaces.

  2. Écarts de mesure causés par des erreurs de portée ou des inexactitudes des cartes; le navigateur devrait se servir de la côte la plus rapprochée et non pas des deux rives d'un chenal ou d'une anse profonde.

  3. Incertitude quant à la hauteur et, par conséquent, la distance des masses terrestres à cause du manque de renseignements topographiques sur les cartes.

  4. Manque de dispositifs de repérage de position sur les cartes dans le secteur et de levés à jour.