Compte tenu des nombreuses répercussions de l’accident de L’ACADIEN II, de nombreuses organisations seraient tentées de mettre fin ou limiter ces opérations de manière mesurable et permanente. Ce n’est pas la leçon que nous devons en tirer ici. La Garde côtière demeure une organisation professionnelle, capable et essentielle dont la mission consiste à assurer la sécurité et à offrir des services dans les approches, les ports et les voies navigables maritimes du Canada. Cet accident devrait donner lieu à un examen objectif des politiques, de la formation et de l’équipement liés au remorquage et aux opérations dans les glaces, tel que décrit dans les recommandations précitées
L’exploitation de navires dans les glaces représente un domaine de gestion du risque bien particulier que les organismes maritimes du gouvernement fédéral doivent affronter. La volatilité du climat fait en sorte qu’il est de plus en plus difficile de prévoir les conditions des glaces et les régimes climatiques et que la science météorologique nous révèle des scénarios de plus en plus surprenants. Alors que les ressources de l’Arctique attirent de plus en plus l’attention, et cela indépendamment du fait que le Passage du Nord-Ouest soit libre de glaces ou non, il devient impératif d’accroître notre présence, nos capacités et nos compétences à l’échelle nationale. Cette tragédie peut être interprétée comme un signal d’alerte et une source de motivation pour répondre à cet impératif national. Si nous tendons à atteindre cet objectif, cela sera en quelque sorte une façon de rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie à bord de L’ACADIEN II.
Signé le 1er décembre, 2008
Roger Girouard, Contre-amiral (à la retraite)