Pêches et Océans Canada, Garde Côtière Canadienne | Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard
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Chapitre 1 — Introduction

1.1 Aide reçue dans le cadre de l’enquête

Avant de débuter le rapport proprement dit, l’auteur tient à souligner la contribution des nombreuses personnes qui ont participé à cette enquête complexe. De nombreux employés de la Garde côtière ont fourni des témoignages et appuyé nos efforts. D’autres organismes fédéraux, dont le ministère des Pêches et des Océans, le ministère de la Défense nationale, le Bureau de la sécurité des transports et Transport Canada nous ont également apporté leur aide.

Mentionnons plus particulièrement les survivants, les familles des victimes et certains membres de la communauté des chasseurs de phoques qui n’ont épargné aucun effort pour faciliter nos travaux. Pendant tout le processus d’enquête, chaque échange a été marqué par le désir de faire état de tous les faits possibles afin de décrire avec exactitude les événements qui se sont produits et afin de tirer des leçons de cet accident.

1.2 Bref résumé de l’accident

Le 28 mars 2008, le navire phoquier L’ACADIEN II d’une longueur de 12,5 m (41 pieds) a subi des avaries dans des conditions de glace exceptionnelles le long de la côte Nord-Est du Cap-Breton. Le capitaine a alors communiqué avec la Garde côtière canadienne pour obtenir de l’aide. Tant le NGCC DES GROSEILLIERS que le NGCC SIR WILLIAM ALEXANDER ont passé du temps sur les lieux, et ce dernier navire a pris L’ACADIEN II en remorque tardivement en fin de journée le 28 mars, en raison des dommages subis par l’appareil à gouverner de L’ACADIEN II. Vers 01 h 00 heure locale (l’heure locale de l’Atlantique sera utilisée dans tout le rapport à moins d’autre indication) le matin du 29 mars L’ACADIEN II était pris en remorque suivi de près à l’arrière 1 par un autre phoquier, le MADELINOT WAR LORD qui était pris en escorte.

Un changement dans les conditions de glace qui prévalaient depuis les deux dernières heures est survenu et le groupe s’est retrouvé dans un chenal plus dégagé et des eaux relativement libres de glaces. L’ACADIEN II a fait une brusque embardée mesurable sur bâbord, il a heurté un morceau de glace empilée, solide et d’assez grande dimension, et au même moment il a été amené sur tribord par le mouvement en diagonale de l’aussière de remorquage. Avant que l’aussière de remorquage ne puisse être coupée, pour permettre au navire de se redresser de lui-même, le roulis d’environ 90 degrés qu’a subi le navire a déplacé la cargaison liquide et l’équipement, et de l’eau a envahi le navire par les fentes des fenêtres et par la porte principale de la cabine. L’infiltration d’eau et la pression constante exercée par l’aussière a empêché le navire de se redresser. L’ACADIEN II s’est rempli d’eau rapidement et a chaviré alors que l’aussière de remorquage était encore sous tension. Sur les six personnes se trouvant à bord, deux membres d’équipage ont réussi à s’échapper de justesse, trois sont restés coincés dans le navire et leurs corps ont été repêchés ultérieurement par des plongeurs; l’un des membres d’équipage n’a pu être retrouvé après l’accident. Au moment où j’écris ces lignes, il est toujours considéré disparu en mer.

1.3 Cadre de référence

Le cadre de référence de la présente enquête interne a été communiqué le 4 avril 2008, et des précisions ont été fournies le 14 avril. En vertu du cadre de référence, il fallait réaliser une évaluation impartiale et un examen des circonstances ayant mené au chavirement de L’ACADIEN II ainsi que des circonstances qui ont suivi l’accident. Les principaux facteurs qui ont servi à la détermination et à l’évaluation des faits sont les suivants :

  • la séquence d’événements qui ont précédé et suivi le naufrage;
  • comment s’est produit l’accident et pourquoi il s’est produit;
  • les politiques, les procédures et les pratiques de travail de la Garde côtière canadienne (GCC) ont-elles été respectées, notamment la politique de la GCC sur le remorquage; les pratiques générales relatives à l’assistance à des navires autres que les opérations de recherche et sauvetage (SAR); les pratiques courantes de bon matelotage; la réglementation et les normes de l’industrie;
  • toute autre question liée à l’événement jugée nécessaire et pertinente en vue d’assurer une pleine compréhension de l’incident en termes clairs.

Outre la détermination du cours des événements entourant l’accident, l’enquête avait entre autres objectifs celui de formuler des recommandations sur la sécurité axées sur la prévention, de manière à empêcher, dans la mesure du possible, la répétition d’une telle tragédie. Le processus ne visait pas à imputer le blâme ou des responsabilités implicites à quiconque directement. Vous trouverez à l’annexe A d’autres observations sur le cadre de référence, sur l’équipe chargée de l’enquête et sur le déroulement de l’enquête.

1 Le MADELINOT WAR LORD se trouvait à quelques mètres derrière l’ACADIEN II et selon la description du capitaine « à quelques jets de pierre » du navire.

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